À la découverte de Malcom, cette nouvelle curiosité du Corinthians

Malcom Filipe Silva de Oliveira fait partie de cette nouvelle génération de joueurs qui ont tendance à donner espoir aux brésiliens, qui ne sont pour certains pas rassurés par les performances actuelles de la Seleção. On parle ici des Gabriel Jesus, Kenedy, Gerson et consorts, à la technique impeccable, et en qui on reconnaît la […]
par
sambafoot_admin
2015-09-25 20:54:00

Malcom Filipe Silva de Oliveira fait partie de cette nouvelle génération de joueurs qui ont tendance à donner espoir aux brésiliens, qui ne sont pour certains pas rassurés par les performances actuelles de la Seleção. On parle ici des Gabriel Jesus, Kenedy, Gerson et consorts, à la technique impeccable, et en qui on reconnaît la patte brésilienne, un peu folle. La valeur même du jeu spectaculaire voulu par le pays du football déchu. Sambafoot se penche cette semaine sur Malcom, amené logiquement à se ranger derrière le légendaire Neymar dans les années à venir.

Un talent brut qui se doit de prouver

Les supporters les plus acharnés ou même les simples amateurs de football brésilien, ainsi que les professionnels du milieu, l’observent avec avidité. Une attente presque palpable de savoir si oui ou non Malcom pourra devenir l’un de ces joueurs qu’on n’oublie pas. Ils l’ont découvert il y a de ça un peu plus d’un an, lorsque Mano Menezes, à l’époque où il était à la tête du Timão décide de le lui faire intégrer le groupe professionnel, après un tournoi junior de São Paulo 2013 réussi. Malcom n’a que 17 ans et le monde impitoyable du football de haut niveau s’ouvre à lui. Mais n’allons pas trop vite. Malcom Filipe Silva de Oliveira naît à São Paulo le 26 février 1997, et est aujourd’hui plus proche que jamais de devenir champion du Brésil avec l’un des club phare de sa ville natale et de l’État de São Paulo. C’est pourtant chez un grand rival de l’État justement, que le jeune commence sa formation. À Palmeiras plus précisément, club que rejoint le jeune Malcom en 2008, alors qu’il n’est âgé que de onze ans. Mais le Verdão n’arrive pas à le retenir, et le jeune brésilien rejoint en 2014, et signe directement un contrat professionnel, qu’il honore rapidement en inscrivant son premier but officiel face à Chapocoense, au mois de septembre cette même année. Avec les sélections de jeune, Malcom est plutôt intéressant avec à son actif notamment une Coupe du Monde des moins de vingt ans, pendant laquelle il prend part à cinq matchs, dont la finale perdue face à la Serbie. Pas mal pour un joueur appelé de dernière minute en remplacement de Kenedy, blessé.

Malcom est un indéniable talent qui éveille vite la curiosité. Mais il doit prouver ce qu’il laisse entrevoir. Ce point est valable pour tous les joueurs de son âge, certes,  encore plus ceux en qui on place les plus grands espoirs. Malcom, c’est le brésilien type, qui aime tenter, dribbler, provoquer, avec un jeu spectaculaire qui ravit n’importe quel amateur de beau gestes. Il est un joueur très utile en contre-attaque de par ses points forts, la technique donc, mais surtout la vitesse. Mais son potentiel semble tel qu’il devra subir sur ses épaules une pression difficile à supporter pour son jeune âge. Surtout, il n’a pas encore atteint le niveau de Gerson, Gabriel Jesus ou Kenedy. D’ailleurs, son jeu se rapproche nettement de ce dernier, et dans une moindre mesure, de celui de Gabriel Jesus. Mais Malcom semble pour l’instant moins appliqué dans son jeu, moins expérimenté aussi. Les joueurs précédemment cités ont pour le moment une longueur d’avance sur lui.
 
Un joueur qui doit acquérir une certaine maturité

Mais il n’y a pas que dans son football que le jeune Malcom doit gagner en expérience, en maturité. Titulaire dans le onze de Tite, il n’est désormais plus le petit jeune qui découvre le Brasileirão. Et si Malcom fait parler de lui en bien sur le terrain, c’est en dehors des prés que l’on peut se poser des questions sur le brésilien. Juillet 2015 : Les médias brésiliens, repris par Record au Portugal, lâchent une véritable bombe. Malcom serait en effet accusé de fraude au permis de conduire. Un précieux sésame qu’il a obtenu en seulement 20 jours, tout en ayant passé l’exercice théorique et l’épreuve pratique le même jour, ce qui est interdit. L’accusation va même plus loin, puisqu’il est soupçonné d’être mêlé dans une organisation visante à faciliter l’obtention du permis de conduire. Avec lui, environ 4900 autres individus sont suspectés des mêmes faits dans cette affaire. À l’époque, le club, le joueur et son entourage ne réagissent pas, comme pour étouffer l’affaire. C’est tout naturellement que Daniel Annemberg, le Président du Département de la circulation à São Paulo, ne tarde pas à réagir à la nouvelle : « Ceci est un crime. Le citoyen doit être arrêté. Il sera appelé à témoigner en premier lieu, mais risque entre 2 et 12 ans de prison pour crime de corruption passive ou/et active » L’enquête avance, mais on ne sait pas encore si Malcom est vraiment l’un des protagonistes de cette organisation illégale. Quoiqu’il en soit, une telle affaire peut suivre un joueur de football comme n’importe quel individu, quel qu’il soit, tout au long d’une vie, d’une carrière, et contribuer à ternir son image. À son âge, Malcom n’aurait pas pu provoquer une plus mauvaise publicité autour de lui.

Une pépite surévaluée ?

Revenons sur le football, le vrai domaine où l’on pourra juger le jeune brésilien par ce qu’il sait faire. Très tôt dans le début de sa carrière, de nombreux clubs européens, toujours friands de joueurs sud-américains, s’intéressent à lui. En juillet 2015, Braga propose 8 millions d’euros au Corinthians pour s’attacher les services du jeune milieu offensif, ou attaquant. Plus tôt dans l’année, c’est le Dynamo Kiev qui offre 12 millions d’euros pour le brésilien. Offres rejetées par le club pauliste, qui en demande au minimum 13 millions, histoire de faire monter les enchères. Mais la véritable intention du Timão est de prolonger son joueur. La Roma, Chelsea, et m’Inter se penchent aussi sur le joueur, mais sans passer au chose sérieuses. Mais le club le plus pressant, est celui qui surveille Malcom de première date. Décembre 2014 : Malcom est de passage à Marseille, et visite les installations de l’OM en compagnie de son agent, Fernando Garcia. Des photos prouvent la présence du joueur aux côtés de son ami, le milieu de terrain phocéen Alef, sur son comptee Instagram. L’OM, qui a déjà enrôlé le capitaine de la sélection espoir du Brésil, Doria, continue ses recherches de nouveaux talents au Brésil et tombe sur le charme de Malcom. Les médias français s’enflamment, et annoncent alors le «nouveau Neymar» sur la Canebière., titre attribué au Brésil au jeune attaquant de Palmeiras, Gabriel Jesus, qui selon certain, aurait déjà plus prouver à son âge que ne l’avait fait le capitaine de la Seleção à l’époque. Mais là n’est pas la question. Malcolm est bien loin de Neymar, et même si son jeu étincelant et son talent attirent indéniablement, sa capacité à devenir véritablement un très grand joueur n’est pas si évident que cela. Au moment où il est proche de l’OM, Lucas Borges, journaliste brésilien reconnu, tout en admettant qu’il pourrait être une bonne pioche pour le club français, lui déconseille de griller les étapes en quittant le Corinthians à seulement 17 ans. Ce qu’il fait, puisque l’OM n’a finalement ne l’a finalement pas fait signer.

Et Lucas Borges, donc, a des doutes quant à sa capacité à franchir toutes les étapes importantes afin de devenir un « top player » : « La plupart des très grands joueurs brésiliens d’aujourd’hui avaient plus prouvés à son âge. Je ne pense pas qu’il deviendra un génie. Mais il pourrait devenir un grand attaquant. » N’est pas Ronaldo ou Neymar qui veut. Même si au Brésil, certains supporters sont impatients de les voir grandir puis évoluer ensemble sous le maillot de l’équipe nationale, il paraît plus logique que ce soit Gabriel Jesus qui devienne l’alternative et le pendant de Neymar en Seleção. Mais tout cela ne veut rien dire. Une année, une saison pleine, est énorme pour un joueur de cet âge. Et si il semble avoir un cran de retard sur les Kenedy, Gerson, Gabriel Jesus et consorts, sa marge de progression dont on ne connaît pas les limites pourraient surprendre à l’avenir. Avec un travail acharné, tout est possible. Surtout quand le talent est naturel. Attendons avant de tirer une conclusion trop hâtive : Le travail et le temps, voilà la vraie réalité du football.

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Sep 25, 2015