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Copacabana a retrouvé le sourire

Le Carioca a mal vécu l'arrogance argentine sur sa principale artère
Action Images
Rio a vécu au rythme des supporteurs argentins (estimés entre 50 et 100.000), subi leur arrogance parfois pleine de haine et teintée d’un racisme d’un autre âge. La victoire de l’Allemagne, que le Brésilien a supportée, a soulagé. Et fait bien plaisir.

A RIO.

C’est fou ce que Rio peut compter comme supporteurs de la Mannschaft ! Et ils ne sont pas tous Allemands, loin de là. Les Brésiliens, enrobés du drapeau noir-jaune-rouge ou affichant le maillot blanc (ou, et surtout, le rouge et noir, couleurs du Flamengo local) aux trois étoiles, sont plus nombreux que les têtes blondes venues d’outre-Rhin.

Copacabana a vécu à l’heure argentine et prend sa revanche. Une douce revanche. Des jours durant, elle a subi, et encaissé, l’arrogance venue de Buenos Aires de ces milliers d’amoureux de l’Albiceleste. Débarqués en voiture (quelque 30 heures de voiture, cinq d’autoroute, pour quelque 2700km, dont 600 sur voie rapide) dès la qualification de l’Argentine pour la finale, ils ont ainsi envahi l’artère principale de Rio de Janeiro.

En joyeuses bandes, campant un peu partout (sur le Sambadrome aussi), dormant parfois sur la plage, trouvant les derniers appartements à louer à proximité pour les plus veinards, s’entassant à plusieurs dans leurs voitures pour beaucoup, ils ont ainsi transformé Copacabana en Buenos Aires de voyage. Un coffre ouvert et cela se transforme en abri pour la nuit.
Un peu partout, beaucoup ici et pas mal là aussi, on les voyait s’installer à demeure avec les douches de la plage pour la toilette, le moindre coin de trottoir en guise de salon ou salle à manger, les murs du coin pour faire ses besoins, chaque épicerie pour se ravitailler. Toute cette ferveur peut paraître fort sympathique, elle n’a pas été appréciée.

Autant imaginer les Champs-Elysées transformés ainsi en terrain de camping géant (et tous les à-côtés, pas toujours réjouissants) par des milliers d’Anglais, Italiens ou Allemands pour goûter le ressenti des Cariocas. D’autant que la rivalité entre les deux peuples s’est réveillée, et parfois méchamment. Avec des Argentins qui, par bandes, ont chanté et chambré l’humiliation face à l’Allemagne (le désormais fameux 1-7 en demi-finale).

Avec quelques-uns (pas tous !) hurlant des « macaques » à ces Brésiliens à qui ils reprochent une couleur de peau trop brune. Cette histoire remonte à loin, aux années 1920 (pour un Argentine-Brésil du 6 octobre 1920, 3-1), quand le journal O Clarin avait prévenu les habitants de Buenos Aires que la Seleção arrivait « avec ses singes », sous-entendu ces joueurs à la peau mate. Ceux-ci avaient refusé de jouer, quatre Argentins avaient dû les remplacer pour compléter une équipe nationale brésilienne plus au complet. Cela n’a jamais été oublié, ni d’un côté, ni de l’autre. Et les mêmes propos ont été entendus par tous, ici à Copacabana.

Si l’on y ajoute les « Brésil, est-ce que tu la sens… » hurlés un peu partout (une vidéo montre des dizaines de supporteurs vêtus de l’albiceleste entonner ce chant dans une cafétéria de Porto Alegre, plus au Sud) et l’on ressent mieux la rancœur de Cariocas n’osant répondre à ces provocations, assommés de n’être pas en finale, de quitter la compétition avec autant de honte dans les chaussettes.
Alors, assez vite, le Brésil s’est senti pousser des ailes supportrices en faveur de la Mannschaft. Joaquim Löw, le sélectionneur allemand, a d’ailleurs remercié le peuple d’ici de l’accueil. Pas rancunier pour deux sous, les gens d’ici ont adopté la Mannschaft, laquelle le lui a bien rendu. « Les Allemands ont toujours eu du respect pour nous », glisse une Carioca. « Les Argentins, eux…. »

Alors, dès que l’Argentine a sa finale perdue, les rancœurs sont sorties. Têtes basses, les Argentins subissent les piques de l’homme de la rue, vengé. Des fenêtres les « Viva Alemanha » sifflent. Soudain, le Carioca, jusque-là penaud et discret, laisse parler son cœur, et lave l’affront. Les mots doux, les silences ne sont plus de mise. Il ne fait plus bon être Argentin à Copacabana. Copacabana l’argentine n’est plus, Copacabana redevient brésilienne.

Les injures pleuvent, les « Don’t cry » ironiques suivent, les « au revoir et ne reviens plus » invitent les voisins gênants à quitter les lieux. Casques sur la tête, quelques mômes des favelas chevauchent leurs petites cylindrées pour casser de l’Argentin. Réglant des comptes ancestraux. Alors, il y a des Argentins, tout à leur peine, qui répondent, quelques-uns jettent des bouteilles en verre dans la foule carioca. Cela se calme assez vite, avec des forces armées en masse et parées aux batailles de rue depuis la « pacification » des bidonvilles périphériques.

Mais, au plus profond de bien des Brésiliens, il y a ce fort sentiment d’avoir été « vengé ». Ainsi, cette dame aux cheveux bien blanchis, portant le maillot d’outre-Rhin qui clame sa haine de l’Argentine et ne comprend pas que l’on ne supporte pas plus l’Allemagne. Comme si, à ses yeux, la Mannschaft avait remplacé la Seleção, juste le temps d’une finale.

 
 

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