Brésil – ITALIE 10/02/2009

Entre les deux pays, c’est une longue histoire. Elle n’a pas toujours été d’amour, mais les deux ont écrit des pages qui resteront à jamais dans l’Histoire du football. On parle de 1938 et d’un attaquant de génie au nom de dieu, Leônidas, de 1970 avec un Pelé au sommet de son art, de 1994 et de cette première finale de Coupe du monde bouclée à l’issue des tirs au but… avec un gardien brésilien terminant en héros.

[b]Le Brésil mène six victoires à cinq[/b]

Avant de se retrouver à Londres, dans un Émirates Stadium plein, Seleçao et Nazionale restaient sur une égalité parfaite dans leurs confrontations, avec cinq victoires chacun – donc cinq défaites aussi… -, deux nuls, dix-neuf buts contre, autant pour. A l’issue de cette dernière représentation de grande classe de Robinho et ses copains de jeu, le Brésil mène d’une victoire plus deux buts.
Ce n’est pas qu’une anecdote. C’est face à l’Italie que cela s’est passé. La Squadra Azzurra avait pourtant bien fière allure en cette soirée de gala. Buffon était de sortie, Cannavaro avait les crocs, Grosso a su se montrer percutant sur son côté gauche, Pirlo a tenté quelques actions géniales. On a vu De Rossi tenter des tirs de loin… A l’attaque du match comme en seconde période, les Italiens ont failli marquer.

[b]Et Pirlo est sorti tête basse[/b]

Il y a eu ce but de Grosso, le Lyonnais, refusé pour hors jeu dans les toutes premières actions de la rencontre. Puis Toni a longtemps cru réduire la marque à 2-1 mais, dans l’action sans que le geste soit volontaire, il a pris la balle entre les bras, pour un contrôle de toute beauté entre deux défenseurs brésiliens. Après quelques hésitations, l’arbitre anglais a finalement refusé le but. L’Italie est repartie nue.
Pirlo dont on attendait tant, qui eut son coup franc pour briller mais n’a rien pu en faire, est sorti avant la fin, sous les sifflets de dépit de fans à l’accent italien. En mémoire nous revient cette même image, quelques semaines plus tôt, à Brasilia, quand Cristiano Ronaldo qui se croit le roi du monde, est sortie tête basse après avoir joué petits bras et usé de coups bas. Ce Brésil-là joue bien, en plus il sait faire déjouer.

[b]Dunga n’est pas Santana[/b]

Joueur, Carlos Dunga était réputé pour être dur sur l’homme, joueur ardent dans la construction de la défense, le bon placement de chacun, l’amour de la discipline de jeu. Devenu sélectionneur, il n’a rien perdu de cet amour pour ces valeurs. Le Gaucho n’est pas une résurrection de Telê Santana, le chantre du beau jeu façon 1982-86. Pourtant, il trouve actuellement ce fin équilibre entre l’expression libre qu’il se doit de laisser aux artistes et le cadre à imposer à l’ensemble.
On l’a vu avec une défense qui a su tenir bon, jusqu’au bout. Julio César n’a eu à sortir que deux arrêts déterminants, ses buts étaient bien gardés par Lucio et ses compères. Gilberto Silva, qui connaît bien le site d’Arsenal pour y avoir longtemps joué, est là pour réguler, entre un rôle de premier défenseur et premier attaquant. Il aiguillonne les actions. Elano, avec plus de poids et d’emprise sur le jeu l’a secondé.

[b]Elano, l’homme type de Dunga[/b]

Et si, plus que Robinho et Ronaldinho, dont il n’est pour rien dans la classe naturelle, c’était Elano le joueur type de Dunga? L’homme a un penchant prononcé pour le repli défensif, le tacle bien fait, la relance bien sentie. Face à l’Italie, il s’est aussi mêlé de participer aux dernière passes, il fut lui-même buteur et ouvreur de la marque, dès la 13©’, après un une-deux avec Robinho d’une action lancée par Ronaldinho.
La tête du joueur de Manchester City, pas toujours très apprécié de ce côté ci de l’Angleterre, est celle d’un homme de voir comme l’aime Carlos Dunga. Les pieds, eux, ont un penchant bien brésilien, avec une touche de balle très technique, capable de déstabiliser une défense en béton armée comme l’est celle de l’Italie. Le mariage des deux n’a pas toujours été facile à trouver, Dunga l’impose à tous.

[b]Robinho, l’artiste qui va au charbon[/b]

L’autre exemple de l’évolution de la Seleção sous la patte du Gaucho, c’est de voir Robinho arracher les ballons dans les pieds adverses. Un tel artiste se mêler d’action défensive, on avait rarement vu cela au sein de la sélection auriverde. Qui se souvient avoir vu Romario tacler un joueur adverse? Qui peut dire qu’il a vu Ronaldinho presser une relance de l’équipe en vis-à-vis? Robinho est un artiste qui va au charbon.
C’est ainsi qu’il s’est offert, lui-même et sans l’aide directe de personne, le deuxième but de la soirée – deux buts par les deux Mancuniens du soir. C’était à la 27′, il laissa Pirlo penaud, Zambrotta et Legrottaglie couillons, Buffon bras ballants. A 2-0 le match s’emballa d’un coup, le Brésil multiplia les actions, les mouvements à vive allure. Maicon tenta mais il est resté trop timide, Adriano tricota sans succès, Ronaldinho tomba dans l’herbe grasse.

[b]Jouer juste et à bon escient[/b]

La seconde période fut plus décousue. Carlos Dunga avait décidé de laisser évoluer le groupe, lui donnant du temps de jeu ensemble, l’occasion de se découvrir, de se construire. Ce ne fut pas forcément une réussite pour Adriano, on n’aura vu Pato que quelques minutes, le temps qu’il se crée une belle occasion en bout de course. Daniel Alves n’a rien apporté quand il est rentré. Julio Baptista est resté bref.
L’Italie a osé, a enfin pris des risques pour sortir de l’emprise auriverde sur le jeu. Car, au-delà de la magie de ses offensives, avec ces passes qui filent en deux coups trois mouvements d’un corps à un autre dans une danse trop rapide pour être perçue par un défenseur normal, ce Brésil-là est assez solide pour maîtriser tactiquement une Nazionale. Cette Seleçao sait bien jouer, avec Dunga elle sait jouer à bon escient.
Les milieux de terrain ne font pas de folie, ils restent bien en place, s’activent et veillent à ce que l’édifice ne penche pas. Cela coulisse bien, cela ne laisse pas trop d’espaces à l’adversaire, cela étouffe ses velléités trop osées. Pour autant, le Brésil n’a pas déçu, il a offert du beau jeu, il nous a fait plaisir. On sait défendre et on n’a pas oublié qu’on était toujours capable d’attaquer.

Drapeau Bresil
Bresil
2
ITALIE
0
Date: 2/10/2009
Équipe Nationale: Equipe Principale
Pays: ANGLETERRE (Londres)
Stade: Emirates Stadium
Compétition: Matches amicaux
Arbitre: Howard Webb [Angleterre]

Formation

Buts

Drapeau Bresil
Bresil
VS
ITALIE
2 - 0

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