Le Brasileirão va-t-il changer ? Ce qu’il faut attendre de la Libra, la nouvelle ligue de football brésilienne

Les divergences entre les clubs empêchent la création d'une ligue à l'échelle européenne

Le 3 mai, les clubs brésiliens ont signé la création de la Libra, la nouvelle ligue calquée sur la Premier League. Cela pourrait être considéré comme un moment révolutionnaire dans le football brésilien, s’il n’y avait pas un fait : seuls huit clubs ont signé le document.

Cet épisode met en évidence les nombreuses divergences entre les principales institutions sportives du pays. L’idée de remplacer la CBF par sa propre organisation est alléchante et a du potentiel, mais le chemin ne sera pas facile. Au moins pour l’instant, la traditionnelle désunion des équipes constitue un obstacle de taille.

Vue d’ensemble de la Libra

La Ligue brésilienne de football (Libra) est un mouvement visant à renforcer les clubs brésiliens, qui s’inscrit dans la lignée des exemples de réussites internationales. Le plus important d’entre eux est la Premier League, qui, depuis le début des années 1990, a promu une révolution dans le football anglais.

Initialement, rien n’a changé dans le format des compétitions, le changement se situe uniquement au niveau de la responsabilité de l’organisation des championnats et du contrôle de la répartition de l’argent dans le football. L’idée est de créer une ligue qui soit organisée par les équipes elles-mêmes et qui puisse attirer des sponsors et des revenus de milliardaires. Ainsi, à moyen terme, les clubs auraient une meilleure situation financière et pourraient lutter commercialement et sportivement avec les autres géants du sport.

La création de la ligue semble faire l’objet d’un consensus. Le problème est de savoir comment cela sera fait. Les équipes qui ont signé ont défini le statut initial.

Cependant, de l’autre côté, il y a Forte Futebol, un groupe de 23 équipes, avec des participants de Serie A et Serie B, qui ne sont pas d’accord. Ces clubs veulent promouvoir des changements dans les règles.

La principale discussion porte sur les revenus, comme nous le verrons plus loin.

En résumé, voici à quoi ressemblent les « groupes » actuels dans les discussions sur la nouvelle ligue :

  • Libra : Botafogo, Bragantino, Corinthians, Cruzeiro, Flamengo, Palmeiras, Ponte Preta, Santos, São Paulo et Vasco.
  • Forte Futebol : Athletico, América-MG, Atlético-GO, Avaí, Brusque, Ceará, Chapecoense, CSA, CRB, Coritiba, Criciúma, Cuiabá, Fluminense, Fortaleza, Goiás, Juventude, Londrina, Náutico, Operário, Sampaio Corrêa, Sport, Tombense et Vila Nova.
  • Côté non défini : Atlético-MG, Bahia, Grêmio et Internacional.[1]

Divergences entre les groupes

Jeudi dernier (12), une réunion était prévue au siège de la CBF pour poursuivre les négociations entre les clubs. Cependant, elle a été annulée et les négociations sont au point mort.

Le groupe Forte Futebol a prévu une réunion pour lundi prochain (16), à Rio de Janeiro, afin de formuler une contre-proposition aux signataires de la Libra.

Voici les principaux désaccords du groupe.

Partage des revenus

L’argent est la principale barrière à l’heure actuelle. Les neuf clubs qui ont signé préconisent une répartition 40-30-30, où 40 % seraient répartis à parts égales entre les participants, 30 % en fonction des performances et 30 % en fonction de l’engagement.

Forte Football n’est pas d’accord avec cette répartition et préconise le même chiffre que la Premier League, soit 50-25-25. Dans ce cas, la différence de prix entre le premier et le dernier serait plus faible, ce qui pourrait favoriser l’équilibre.

Dans le même temps, le statut de la Libra prévoit 15% des recettes pour la série B – un chiffre qui peut atteindre 20% en cas de relégation d’une grande équipe. Cependant, plusieurs équipes de deuxième division préconisent un taux de reversement de 25%.

Ils ont rejoint Forte Futebol après que des clubs comme Fluminense et Athletico aient accepté la demande.

Il sera donc nécessaire d’atteindre un chiffre commun pour avancer dans les négociations.

Partenariats

Les conversations pour la création de la Libra ont fait bouger le marché. Cependant, il existe des divergences d’opinion sur les partenariats avec les investisseurs et les entreprises intéressées.

Le groupe qui a conclu l’accord avec la Libra a le soutien de Codajas Sports Kapital (CSK), dirigé par l’avocat Flavio Zveiter et qui a BTG pour attirer les investisseurs.

D’autre part, il y a l’intérêt de la banque d’investissement XP, qui aurait un partenariat avec La Liga pour apporter des investisseurs et aussi transmettre leurs connaissances dans d’autres aspects, comme la technologie.

Le consortium formé par Live Mode et 1190 est également en lice. En d’autres termes, la gestion de la nouvelle ligue n’est pas non plus un point de convergence, mais cela semble être un problème mineur.

Que peut-on attendre de la Libra ?

La Libra serait un moyen d’unifier les clubs brésiliens. Cependant, jusqu’à présent, cet objectif est loin d’être atteint. Deux groupes opposés se sont formés, tandis que certains clubs n’ont pas de position définie.

Le plus grand obstacle, naturellement, concerne la partie financière, notamment les revenus de la télévision. Avec la nouvelle ligue, les droits seraient négociés collectivement, ce qui rendrait le produit plus fort. Toutefois, en l’absence d’un consensus sur la répartition des valeurs, les étapes suivantes peuvent être complexes.

S’il n’y a pas de définition, la tendance est que les clubs négocient séparément avec les diffuseurs. C’est mauvais pour tout le monde, car cela dévalorise la livre. Dans le même temps, le marché peut revenir sur ses pas. Il est difficile de savoir à quoi s’attendre.

Dans tous les cas, les droits actuels ne s’achèvent qu’en 2024, il reste donc deux ans et demi pour que les discussions avancent. Cependant, la discorde des premiers mois est une mauvaise indication de ce que pourrait être cette « nouvelle réalité » du football brésilien.

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