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Brésil, ton foot fout le camp (chapitre 3 : le cas du Flamengo)

Action Images
« Mon fils supporte Chelsea ! »

Flamengo est le plus populaire au Brésil, il fut surtout le meilleur au monde en 1980. A l’image de bien des clubs au Brésil, il a perdu de sa superbe, aussi bien dans le championnat domestique qu’à l’international. Sans plus de stars dans l’effectif, sans plus personne en Seleção, il est actuellement relégable. Une situation emblématique. Entretien avec l’historien du club, et supporteur (il montre fièrement le tatouage de Zico sur son épaule gauche), Mario Helvecio Silva Costa.

Comment Flamengo est-il devenu le club le plus populaire au Brésil ?
Le club a été fondé en 1895, d’abord pour les régates, le sport le plus populaire à l’époque. Il n’y avait pas encore de structures, les Flamenguistes s’entraînaient sur la plage, la même que celle de Botafogo. Et les filles ne regardaient qu’eux, pas ceux de « Fla ». Alors, chacun a créé son propre club.
A partir de 1912, ensuite, Flamengo a disputé le championnat carioca. Chacun, America, Botafogo… avait son propre terrain, pas « Fla ». Les joueurs s’entraînaient donc dans la rue. Ce qui a beaucoup fait pour sa popularité. Les gens venaient voir, il y avait une proximité entre les joueurs et le peuple de Rio. Alors qu’ailleurs, chacun s’entraînait chez soi, c’était fermé.
Quand dans les autres clubs, on gagnait, on organisait des banquets pour fêter la victoire. Au Flamengo, on organisait à chaque fois un carnaval dans la rue. C’est comme ça que le club est devenu populaire.

Mais qu’est-ce qui a fait dire qu’il est Le plus populaire du Brésil ?
En 1923, le Jornal do Brasil a organisé un sondage pour savoir quel club carioca avait les meilleurs supporteurs. Flamengo et Vasco (de Gama) se sont battus pour le « titre ». Ce sondage était d’ailleurs sponsorisé par une marque d’eau minérale. A cette époque, les Portugais (proches du Vasco de Gama) géraient les banques et les boulangeries. Ils étaient bien placés pour distribuer les coupons pour voter.
Le jour du résultat, des supporteurs de Flamengo sont arrivés avec le maillot du Vasco et ont réussi à dérober tous les coupons de vote. A la proclamation du résultat, ceux du Vasco n’ont rien compris. Cela a fini par se savoir et le doute est resté sur la réelle popularité de Flamengo. Jusque dans les années 1960, quand il y a eu le Maracana (tous les clubs de Rio y évoluaient).
On a pu voir qui attirait le plus de monde. Dès la première année, sur les soixante matchs, Flamengo a ramené 49 fois le plus grand nombre de personnes. Il est devenu le « mais querido do Brasil » (le préféré du Brésil). La plus grande torcida (groupe de supporteurs) a compté jusqu’à dix mille personnes, aujourd’hui ce n’est plus qu’un groupe de musiciens, qu’on paye pour venir jouer les jours de match.

C’est toujours le club le plus populaire ?
En 2010, il y a eu un sondage et l’on a compté entre 35 et 40 millions de supporteurs du Flamengo à travers tout le Brésil, soit 18% de la population nationale. C’est plus que les trois autres clubs de Rio réunis, Botafogo, Fluminense et Vasco de Gama. Les Corinthians sont deuxièmes, avec 12% de la population brésilienne. Les deux, c’est 30% du Brésil ! Dans les années 1980, les années Zico, il y a eu une massification du nombre de supporteurs. Sur les cinq Coupes du monde remportées, il y a toujours eu un joueur du Flamengo. Là, il y a Julio César qui a été formé ici.

Et aujourd’hui… ?
Il y a actuellement un problème d’identification chez le supporteur. Il n’y a déjà pas d’identification avec les joueurs de la Seleçao sur cette Coupe du monde. Ses joueurs n’évoluent plus ici, souvent ils disputent leurs matchs loin du pays. Au Brésil, le football est populaire, mais les dirigeants de club ont mis en place un système de prix trop élevés à l’entrée des stades.
Cela enlève le côté populaire de ce sport dans les stades. A la CBF, il y a un groupe d’opposition qui vise à les réduire. Le foot est avant tout un sport populaire, mais le salaire minimum est de 800 reais (265 euros), et les places à 165 reais (50 euros) ne permettent plus aux gens de venir à tous les matchs. Celui qui le faisait n’y va plus qu’une fois par mois. Cela change l’ambiance. Désormais, on s’y rend surtout en famille, avec son épouse. C’est un autre public, les vrais supporteurs sont moins nombreux. Comme à cette Coupe du monde. Moi-même, je choisis mes rencontres.
L’année dernière, pour un match de Coupe du Brésil contre Cruzeiro, il y avait 79.000 personnes (et ce n’était pas la finale). Quand la rencontre est attractive, le supporteur vient. Pas de problème. Mais il y a une insatisfaction du supporteur. Les gens n’ont plus confiance en la CBF, qui régit tout ici. Il y a eu tant d’affaires. Ils croient plus dans les clubs que dans la Fédération.

Comment a été perçu le fait que l’Allemagne évolue en rouge et noir, couleurs du Flamengo, face au Brésil en demi-finale (1-7) ?
Il y a beaucoup de supporteurs du Flamengo qui étaient pour Flamengo (pour l’Allemagne aux couleurs du Flamengo), donc pas pour l’équipe du Brésil. De toute façon, il n’y a pas de joueurs du Flamengo en Seleçao ! J’ai vu des Brésiliens porter le maillot du Flamengo allemand…
Ici, on a adoré ce maillot de l’Allemagne. C’est une vieille histoire. La première tenue du Flamengo était noire, avec un trait blanc et un trait rouge. Cela remonte à 1912. Cela rappelait ce que portait alors l’Allemagne. On a donc changé, surtout avec la Seconde Guerre mondiale… En Allemagne, quand ils ont appris cette histoire, Adidas (sponsor commun à la Mannschaft et au Flamengo) a décidé de faire ce maillot rouge et noir. Je le répète : au Flamengo on a adoré.

Le Maracanã se remplit-il toujours pour le Flamengo ?
Ça dépend du match, s’il y a quelque chose d’attrayant. Un Flamengo – Figueirense, il n’y aura pas beaucoup de monde. Un Flamengo – Grêmio, ou un Flamengo – Sao Paulo, oui, il y aura du monde. Je me souviens d’un Flamengo – Santos en 1983, finale du championnat, il y avait 160.000 spectateurs au Maracana. Ce n’est plus possible, déjà parce que le stade n’a plus la même capacité d’accueil (78.838 désormais).

Le Flamengo ne risque-t-il pas de perdre de sa popularité avec un niveau de jeu qui baisse, moins de stars, des prix plus élevés… ?
Déjà, depuis dix ans, le numéro 10 de l’équipe, celui de Zico autrefois, n’est plus porté par un Brésilien. Il y a eu Conca, Alecsandro, Petkovic… Le dernier Brésilien, c’était Adriano (2009, donc pas dix ans…). Le spectateur a plus de mal pour s’identifier à ses joueurs. Il faut revenir au football de base, avec des jeunes, et les garder. L’Allemagne, en 2002, a présenté une équipe vieillissante. Dans celle d’aujourd’hui, pour la plupart, la plupart étaient déjà là en 2006.

Les enfants du Brésil ont aujourd’hui le Real Madrid ou le Barça pour clubs de cœur et plus Flamengo ou Corinthians. Cela vous fait quoi ?
Mon fils, il s’intéresse à Flamengo, mais pour moi, pour me faire plaisir. En fait, il a une passion pour Chelsea. Il a le réflexe de supporter les joueurs stars. C’est horrible pour moi. Je fais tout pour l’intéresser à mon club, je l’emmène voir des matchs, je lui fais rencontrer des joueurs. Mais, le dimanche matin, je l’entends vibrer pour un Liverpool – Chelsea. Quelle déception ! J’ai plusieurs amis qui ont le même souci avec leurs enfants, ils supportent Milan, le Paris-SG…
Au Brésil il n’y a plus de stars. En plus, cette équipe du Brésil n’a aucun joueur de Flamengo. Cela ne va pas arranger l’image du club auprès du public. Désormais, dès qu’un jeune se révèle, il est vendu et part de suite à l’étranger. Il n’y a plus les Zico, Leandro, Adilio des années 1980. Eux ont été formés au club et y sont restés longtemps.
Le public avait alors le temps de s’identifier à eux. Des relations s’étaient créées. Ces joueurs, tu pouvais leur parler, les approcher, il y avait une vraie proximité. Les jeunes d’aujourd’hui ne prennent plus autant de temps auprès des supporteurs, de leur public.

Quand Flamengo joue, il y a la banderole « O maior torcida do mondo » (le meilleur groupe de supporteurs du monde) affichée au Maracana. Est-ce si vrai que cela… ?
Quarante millions de supporteurs, c’est plus que d’habitants dans beaucoup de pays. Alors oui, c’est bien le cas. Avec Adidas, Flamengo est d’ailleurs en train de se développer à l’international. Dans les boutiques Adidas, à Paris ou à Londres, on trouve désormais notre maillot.
Regardez encore ce qu’a fait l’Allemagne sur cette Coupe du monde en portant nos couleurs… On a la démarche d’exister dans le monde entier, de nous promouvoir ailleurs qu’au Brésil. Romario a invité Zidane ici, Shearer était au siège il y a quelques jours. Pour l’image du Flamengo, c’est important.

 
 

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