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Scolari : " Alors je suis responsable"

Scolari restera comme l'entraineur de la Seleção qui aura connu la pire défaite de son histoire
Action Images
: Luiz Felipe Scolari était jusque-là, le Felipao, champion du monde en 2002. Le voilà désormais l’homme de la plus grande déroute de l’Histoire de la Seleçao. Son contrat s’arrête à la fin de cette Coupe du monde.

A RIO.

"Le responsable c’est moi !" Luiz Felipe Scolari est le plus montré du doigt depuis ce désastre du 8 juillet, lequel restera tout autant célèbre que le 16 du même mois, mais de l’an 1950, avec sa défaite (1-2) en match final de l’autre Coupe du monde domestique, face à l’Uruguay.

La presse le met au pilori. « Va en enfer Felipao », scande O Dia. C’est la réponse du tac au tac au « grand Philippe », quand celui-ci envoyait le parterre de journalistes dans leurs plates-bandes à chaque fois que ses choix, de joueurs ou de tactique, étaient discutés. « Et si vous n’êtes pas contents, allez au diable », avait-il alors l’habitude de répondre.

« C’est celui qui le dit qui y va. » L’adage môme a raison. Le sélectionneur brésilien est lui aussi passé à côté de sa Coupe du monde. Autant il avait fait merveille à sa première (pour le cinquième titre national, en 2002), autant il a fait faillite à sa seconde avec la Seleçao.

Avec le Portugal, en 2004, il avait chuté à demeure aussi, lors de l’Euro face à la Grèce (0-1), en finale cette fois. L’an passé, pourtant, il semblait avoir retrouvé la baguette magique qui fait les grandes équipes au bon moment, avec une Coupe des confédérations triomphante, mais toujours trompeuse.

Cette compétition ne réussit jamais à celui qui la gagne. Et la Seleçao s’échine à se la mettre en poche (avec quatre levées, en 1997, 2005, 2009 et donc 2013), quitte à se planter l’an d’après au Mondial, Le tournoi qui compte vraiment. Ah, qu’il fut heureux le rendez-vous de 2001 qui vit la France s’imposer et le Brésil terminer quatrième, douze mois avant la penta (5e étoile).

Entre le 3-0 mémorable face à l’Espagne, le 30 juin 2013, et ce 8 juillet, il s’est passé plein de choses, mais rien n’a été pris en compte. Comment est-il possible d’arrêter sa composition d’équipe, son style de jeu (en se privant de tout plan bis) sans tenir compte des méformes, blessures, ni de la concurrence ?

Le technicien vient du Sud, en plein pays gaucho, et il est borné. Du genre qui entend mais n’écoute pas, construit sa destinée comme s’il était sur une autoroute, sans changer de direction, ni varier sa ligne de conduite. Et pourtant, il y avait de quoi se remettre en cause.

C’est bien ce qui lui est reproché aujourd’hui, à l’heure du bilan (négatif) avant même que ce Mondial s’achève, avant même samedi, avec la troisième place pour enjeu. De quoi faire aussi « bien » qu’en 1938 et 1978. Le même journal O Dia le crédite de la note de -10 (oui, oui !) à l’issue de cette demi-finale. Les joueurs, eux, ont eu droit à un zéro chacun.

Le commentaire est sec et net : « Une équipe sans style de jeu, sauf pour simuler les pénaltys. Il n’y avait pas de standard tactique sur les cinq matchs précédents (deux nuls, trois victoires), il y a eu humiliation dès la première confrontation face à un rival prêt, avec de bons joueurs. Il a été incapable de changer, il s’est beaucoup trompé. Ce qui arrive est de sa faute, et il le paye. »

Son homologue Joaquim Löw est crédité du 10 maximal. Lui a su varier sa composition au fil du tournoi, en fonction du rendement des uns et des autres, en tenant compte de l’adversaire. Lui a su amener son groupe au maximum de son efficacité le jour J, avec une maîtrise collective, tactique que cette Seleçao de Scolari n’a jamais eue.

On ne dit pas merci aux observateurs de la Seleçao, Roque Junior (ancien de la Bundesliga, champion du monde en 2002) et Galo (sélectionneur des -20 ans au récent Tournoi de Toulon) qui n’ont pas su mettre en garde les Auriverde sur les dangers de la Mannschaft.

Les joueurs, d’ailleurs, parlons-en ! Dans le but, Julio César n’affiche que sept titularisations cette saison, dans l’anodin championnat du Canada (avec Toronto). Marcelo a plus souvent été remplaçant au Real Madrid, Dani Alves a traversé cette saison en fantôme. Thiago Silva fait semblant de jouer depuis des semaines, David Luiz n’a pas la confiance de son entraîneur de club, José Mourinho, à Chelsea, où il est placé en milieu défensif. Et l’on ne parle que de l’arrière-garde, censée être l’atout fort de la Seleçao.

Au milieu, Paulinho a quitté les Corinthians pour ne plus être aligné dans le Onze de départ avec Tottenham. Luiz Gustavo n’est plus au Bayern Munich mais à Wolfsbourg (et ce n’est pas pareil). Oscar est à bout de course depuis un gros bout de temps avec Chelsea.

Quitte à prendre quelqu’un hors du coup, il aurait pu prendre le préretraité Kaka, revenu au Sao Paulo FC pour une dernière pige de six mois avant d’aller s’engraisser le porte-monnaie en MLS (Etats-Unis). Hulk est parti s’exiler en Russie (Zénith Saint-Pétersbourg) et il n’est plus que l’ersatz du buteur qu’il était avec Porto (78 buts depuis 2008 à 2012).

Le pire pour la fin, c’est Fred. Meilleur artilleur du Brasileirao dans sa version 2012, il a traîné la patte (déchirure à la cuisse) pendant des mois avant de reprendre, pour pas grand-chose finalement. En numéro 2 dans la case avant-centre, Scolari a choisi Jô. Le grand (1,91m) qui ne chope rien dans les airs, le Brésilien qui n’a aucune technique dans les pieds.

Pendant ce temps-là, le meilleur numéro 9 européen, champion d’Espagne, finaliste de la Ligue des champions (avec l’Atlético Madrid) prend la nationalité espagnole pour espérer disputer (enfin, en l’occurrence, on peut dire « traverser ») la Coupe du monde.

Diego Costa est un dossier que le Gaucho n’a pas su gérer. Ne lui faisant pas confiance pour la Coupe des confédérations, ne le rassurant pas sur son avenir en Seleçao, il l’a laissé à la concurrence, pour le perdre à tout jamais alors qu’il aurait si utile, tant précieux sur ce mois mondial. Il a eu tout bon avec Neymar, mais est-ce un exploit ?

O Globo a, lui, mis un zéro à Felipao (ne peut-on pas désormais dire Felipinho ?), comme à tous ses joueurs. Même le buteur (Oscar), même Julio César qui a évité une déculotté pire encore. « Il a voulu piéger l’adversaire, mais il est le pire de l’Histoire de la Seleçao. » Avec ce record de 1-7 pire que le 0-6 jusque-là record du 18 septembre 1920 (face à l’Uruguay) en Championnat sud-américain. Encore, cette dernière rencontre n’avait pas lieu à demeure.

Champion du monde en 2002, avec la bande des quatre R (Ronaldo, Ronaldinho, Roberto Carlos, Rivaldo), il a pris le risque (et l’argent avec) de revenir aux affaires (il a aussi signé beaucoup de campagnes de pub), quitte à perdre de sa superbe dans la réputation du sélectionneur qui gagne. Le Brésil a ainsi commis la même erreur pour la troisième fois, à savoir s’imaginer gagner avec le même entraîneur à plusieurs Coupes du monde d’intervalle, comme si les mêmes recettes, avec les mêmes hommes, pouvaient offrir les mêmes résultats.

Dans l’histoire de la Coupe du monde, il y a eu Zagallo triomphateur de 1970 mis à mal en finale de 1998 (0-3 contre la France), puis Carlos Pareira vainqueur en 1994 puis à poil en 2006 (0-1 en quart, encore face aux Bleus), il y a désormais Scolari qui n’a pas su rééditer son succès de 2002 (2-0, en finale contre l’Allemagne).

 « Philippe », grand ou petit, jouissait d’une réputation de meneur d’hommes, capable de transcender quiconque, d’avoir une confiance aveugle de ses joueurs, un répondant à la vie à la mort de leur part. Ce fut le cas avec un Ronaldo relancé en 2002 (après maintes blessures), avec un Ronaldinho que Luis Fernandez n’a pas su profiter vraiment au Paris-SG et que Scolari fit champion du monde la même saison.

Et là ? Rien, ou plutôt si, à jouer avec la communion avec le peuple (d’où cet hymne repris a cappella avec tout le stade, mode lancée par Marcelo à la Coupe des confédérations), il a fini par tétaniser tout un chacun, avec un Neymar qui éclate en sanglots avant même le coup d’envoi (Mexique), un Thiago Silva qui vient dire qu’il ne se sent pas de tenter son tir au but (Chili), un Hulk qui tremble dans la passe (Chili encore).

Sans oublier les onze de départ qui, avant la demi-finale fatidique, s’affiche avec la casquette à la gloire (« Força », « allez ») de l’absent (Neymar, blessé contre la Colombie), avec son maillot aussi, brandi à deux mains, entre Julio César et David Luiz. De magnifiques gestes qui ont surajouté dans l’émotion, jusqu’à étouffer tout répondant face au danger. Julio César avouant avoir senti toute l’équipe vaseuse à 0-1. Et il en restait encore six à encaisser…

Dans Lance, la note pour Luiz Felipe varie de 0,0 à 2,0, pour une moyenne de 0,7 (sur dix). La note accompagnatrice est féroce. « Il a armé l’équipe de manière erronée et n’a rien fait après le premier but » puis encore : « Il (on parle toujours de Scolari) s’est trompé dans ses choix, il a offert des espaces au milieu allemand et a tardé à trouver la solution au problème posé. Il n’a pas trouvé la solution à l’absence de Neymar. » En gros, c’est un nul.

Ce que l’intéressé assume. Non, c’est Scolari, pas Raymond Domenech. Lui reconnaît, et encaisses ses erreurs. Ce qui le sauve moralement. « Qui est responsable du choix des joueurs ? C’est moi. Qui est responsable du choix tactique ? C’est moi. Alors je suis responsable. »

Coupable d’être un piètre tacticien, d’avoir trouvé un système de jeu et de n’en déroger pour rien au monde, même quand cela ne donne plus aucun fruit. Il y a un an, cela avait fait merveille, maté Italie (4-2), Uruguay (2-1) et Espagne (3-0), impressionné les autres. Mais surtout offert plein d’idées à tous.

Chacun a eu le temps de peaufiner la manière de le contrecarrer, d’y trouver les failles qui le fait exploser en vol. Mexique (0-0) et Chili (1-1) ont failli y parvenir, avec une parfaite maîtrise tactique de ce qu’il faut faire pour faire tomber la Seleçao. Et parce que le plan de jeu n’était pas assez costaud pour voyager sur les pentes ardues, parce que les hommes pour le mettre en musique étaient en panne, parce que la partition n’était pas parfaite, l’Allemagne a mis le doigt pile où ça fait mal. Et ça a fait boum, et même badaboum. Merci Felipao !

Son bilan comptable depuis son retour en Seleçao : 28 matchs joués, 19 victoires, six nuls, trois défaites, 65 buts pour et 25 contre.

 
 

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