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Neymar : Dieu a perdu sa vertèbre

La blessure de Neymar aura son importance sur cette demi-finale
Action Images
A quoi reconnaît-on un dieu ? A ses actions, tout autant qu’à son aura quand il n’y est pas. Aux cieux ou sur terre, on attend tout de lui, on le clame et le réclame. On l’acclame. Et quand le dieu vient au football, on le loue quand il joue, on l’implore et le pleure dès qu’il ne peut jouer.

A RIO 

Pelé qui manque la Coupe du monde 1974 et c’est un drame. Neymar qui va louper cette fin de Mondial et c’en est un tout autant. Pourtant, le gamin n’a que 22 ans, mais il pèse déjà tant sur la Seleçao, le sort de tout un pays dans ce tournoi.

Depuis la Coupe des confédérations, l’an passé, il porte le poids de toute l’équipe sur ses frêles épaules. Il n’est pas lourd, le minot, il semble à peine sorti de l’adolescence et déjà, il a toute la pression. Qu’il soit beau et le pays est champion. Sinon…

Sinon, on va bien voir. Puisque le Colombien Zuniga, latéral de Naples, en a décidé autrement. Le quart victorieux du Brésil s’est achevé avec un goût amer en travers la gorge. Sur une action de fin de match, le Centre-Américain a laissé parler sa rage d’avoir été débordé de toutes parts, avec un geste fait pour faire mal, mettre l’autre à mal.

« Un geste pour faire blesser », selon l’Italien Fabio Cannavaro, capitaine de la Squadra Azzurra en 2006. A décortiquer les images, telles qu’elles sont montrées un peu partout, à la télé, sur toute la largeur des journaux, impossible d’en douter. Verdict : fracture d’une vertèbre (n°3a). Diagnostic : de trois à six semaines de repos.

Neymar est celui qu’il fallait sortir. Tout le pays en parle. N’a d’yeux que pour l’événement, avec un direct sur l’évacuation, dès samedi, lendemain du match, de Granja Comary, centre d’entraînement de la Seleçao, à 13h56 pile. On y voit le joueur, porté avec mille précautions sur un brancard jusqu’à un hélicoptère-ambulance.

Le gamin lève le pouce pour dire que tout va bien. Un « tudo bem » accompagné d’un sourire mais l’atmosphère est lourde. C’est Neymar qui est évacué du Mondial, c’est l’équipe nationale qui n’est plus la même. Autant priver l’Argentine de Messi, enlever James Rodriguez à la Colombie. On peut aussi rappeler la France sans Zidane en 2002…

Chacun ici en est bien conscient : le sauveur de la nation a quitté les copains, les laissant avant la fin de la bataille. Sans lui, le Brésil aurait-il dépassé un premier tour brouillon ? Pas sûr. Sans ses quatre réalisations, ses corners si bien ajustés (l’un a permis l’ouverture de David Luiz contre le Chili en 8es, un autre a offert à Thiago Silva le 1-0 face à la Colombie).

Alors, Neymar est Le sujet de toutes les conversations. On en veut à Zuniga : on lui promet mille maux, jusqu’à des menaces de mort. Un caricaturiste (celui de Lance !) lui enverrait bien le musculeux Hulk pour calmer ses envies de s’en prendre au petiot (1,74m, 64kg) de la Seleçao.

Un autre fait dire au Colombien qu’on lui a demandé de sortir le Brésil de la Coupe du monde, alors il a choisi de sortir Neymar. Ce qui serait la moitié du « devoir » accompli. « Je considère la mission accomplie », lui fait dire le dessinateur d’O Dia. On s’interroge beaucoup aussi sur l’arbitrage. Rappelant sur Zuniga (qui pèse 58 jaunes, 5 rouges en cinq saisons en Série A transalpine) n’a pris aucun carton sur la faute.

Et il n’y en a pas eu sur les autres (toutes aussi grossières, mais si elles ne furent pas aussi assassines) non plus. En gros, il s’en est sorti blanc comme neige, aussi innocent que sorti de ses langes. Il a présenté ses excuses (si, si) mais cela ressemble plus à un visa de sortie du pays.

Maicon : « C’est une blague (un Zuniga non averti). Et encore Neymar ! Il a toujours été reçu des coups et personne n’a rien fait. » Il en veut pour preuves les chocs encaissés face à la Croatie, au Mexique, au rude traitement face au Cameroun, à ces Chiliens qui l’ont annihilé de suite (béquille, genou diminué)…

Le gamin avait la réputation de chercher le coup franc en en faisant des tonnes, en simulant, avec une pointe de commedia dell’arte. Sur ce Mondial, il n’aurait pas l’Oscar, le laissant au Hollandais Arjen Robben, avec les félicitations du jury. Neymar a plus subi que feinté la faute. Avec des vis-à-vis aux méthodes musclées. La protection des artistes, tant mise en avant par la Fifa, a oublié d’inclure le Brésilien parmi les « sites protégés ».

Alors, depuis qu’il n’est plus les Auriverde, on ne cesse de faire défiler ses buts, son meilleures actions, on rappelle ses statistiques (2460 minutes de jeu en 27 matchs disputés sous la direction de Luiz Felipe Scolari, depuis 2013, seulement 148 passées sur le banc, dont les 26 face au Cameroun au troisième match de ce Mondial).

Le traumatisme est réel, mais ces joyeuses rétros ne sont pas d’enterrement, il reste un match à jouer, une demi-finale de Coupe du monde (la huitième pour le Brésil, avec une seule perdue, la première, en 1938). Et La grande question est de savoir comment faire. Neymar est indispensable, oui mais il va bien falloir s’en dispenser.

Avec 200 millions de sélectionneurs, il y aurait autant de choix possibles. Celle qui ressort est celle de mettre Willian à sa place, profitant de son explosivité. On se plaît aussi à rappeler qu’un dieu peut accoucher d’un ange. Avec l’exemple de 1962, quand Pelé (o Rei) fut fracassé au premier tour, et qu’on mit Amarildo à la place, d’abord face à l’Espagne (doublé), enfin contre la Tchécoslovaquie en finale (3-1, il mit le 1-1).

L’ancien de Botafogo est toujours de ce monde : « C’est l’occasion de montrer aux autres leurs valeurs », déclare-t-il dans O Dia. « Tout ça, ce sont des détails, ce qui est important c’est très champion. » C’est bien pour cela que le Brésil accueille cette Coupe du monde, pour se faire coudre une sixième étoile (l’hexa) sur la chemise, pas pour regarder une finale avec deux sélections venues d’ailleurs, donc de nulle part.

Pays de foot, le Brésil a une présidente (Dilma Roussef) qui se doit d’évoquer le sujet : « Cher Neymar, votre visage de douleur a touché les cœurs de tous les Brésiliens et Brésiliennes (…) Un grande guerrier qui interrompt brièvement son élan, mais qui a déjà laissé son empreinte indélébile dans la bataille victorieuse qui caractérise notre sélection. »

Au Brésil, le besoin de se rassurer est fort, alors on ressort tous les bons signes qui font passer la pilule. Outre Amarildo, il y a l’exemple d’Emerson, capitaine de la Seleçao, blessé avant même le début du Mondial 2002 finalement gagnant. C’est José Luiz Runco, le médecin de l’équipe nationale, qui rappelle l’augure. Lui, chacun aurait préféré ne pas trop le voir, tant il se fait présent quand il y a des choses qui ne tournent pas rond.

Même que Neymar, rentré au repos en famille, pourrait revenir avec ses potes auriverde en spectateur. Même que Neymar, si finale il y a, pourrait en être avec une grosse dose d’infiltration (information Globo). On en doute quand même, des voix s’élèvent aussi pour dire que sans Neymar, la Seleçao peut être meilleure, comme libérée de son emprise sur le jeu.

Croqueur de ballons, investi du rôle de Pelé du XXIe siècle, le gamin qui fait gagner la Seleçao (comme son aîné en 1958), il a tendance à attirer toutes les balles puis à se les garder avec, au bout, soit un coup reçu, donc un coup franc, soit une frappe, au pire un cuir perdu. Face à la Colombie, avant sa sortie de piste (à trois minutes de la fin), il n’a d’ailleurs pas tant pesé sur le jeu brésilien.

Des Cafeteros qui n’ont jamais été aussi forts que depuis que Falcao n’y est plus, des Bleus transcendés depuis que Ribéry n’y est plus. Et si cette Seleçao, tant tâtonnante, brouillonne à pleurer en début de compétition, se trouvait un vrai collectif, un juste équilibre dans ses forces, une meilleure homogénéité pour que chacun trouve sa place, s’exprime et sorte grandie ?

Neymar, c’est treize sponsors (voitures, bonbons, slips, téléphones, boissons, shampoings…), plusieurs biographies déjà écrites avant même le début du Mondial, alors Neymar, il fallait qu’il fasse gagner, qu’il soit le nouveau roi, l’enfant chéri, le futur Ballon d’or. Déjà chéri de ces demoiselles, garçons préféré de ces mamies, il lui manquait d’être le héros de tout un peuple. Il l’est déjà, en martyr.

« Mon rêve n’est pas encore fini, a-t-il fait savoir. Il a été interrompu à cause d’une action, mais il continue. Je suis certain que mes coéquipiers vont tout faire pour que je puisse réaliser ce rêve ? Je veux être champion. » Comment faire mentir un tel souhait venu du « petit génie » de la famille – « mon frère », dixit Thiago Silva, lui aussi absent, suspendu pour cette demie, mais on l’a presque oublié… – perdu dans son lit de blessé ?

Avec cette blessure de guerre, il est déjà devenu celui qu’on plaint parce qu’il a été privé de la possibilité de vivre son rêve. Alors on lui chante son amour dans tous les stades, ainsi lors d’un autre quart de finale (Pays-Bas – Costa Rica), à Salvador. « Allons gagner la Coupe pour Neymar », entend-on dans les bouches auriverde. « Tous pour un », titre-t-on dans O Globo.

 
 

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