
Juninho, le retour d’un Roi

Rio de Janeiro, correspondance
Samedi en fin d’après-midi, à l’heure où la seleção de Mano Menezes patine face au Paraguay (2-2), les fans du Vasco de Gama garnissent peu à peu les gradins du stade de São Januario. Le rendez-vous est particulier. C’est le retour du Reizinho (le petit Roi) : Juninho Pernambucano, héros éternel du club carioca avec lequel il a gagné la Copa Libertadores (1998) et le championnat national (1997 et 2000). Après 11 ans d’absence, dont 8 à Lyon où il est aussi devenu une légende, le milieu de terrain au coup de patte de velours, a fait son retour dans le stade om tout a commencé. « C’est une énorme émotion », lance-t-il aux confrères de TV Globo quelques secondes avant le coup d’envoi de ce match face à l’Inter Porto Alegre. Le stade vibre déjà même si les virages n’affichent pas complet. La faute aux tarifs pratiqués pour ce match spécial. « Cinquante reais (près de 25 euros), c’est abusé », peste un torcedor, malgré tout ravi de faire partie des privilégiés.
Après quelques minutes de domination Intériste, le club carioca reprend le dessus. Juninho n’y est pas étranger. Il régule le jeu et maitrise le milieu de terrain bien aidé par le robuste Romulo. Et quand il y a un coup de pied arrêté, tout le stade se lève, attentif et admiratif face au « meilleur tireur de coup franc de la planète », dixit la presse brésilienne. C’est d’ailleurs à la suite d’un coup-franc qu’il a fêté son retour trois jours plus tôt, sur la pelouse des Corinthians. Dès la 2e minute de jeu, « Juni » avait expédié un ballon de 35 mètres dans les filets de Julio Cesar. Pour un retour fracassant, il ne pouvait rêver mieux même si une défaite était venue sceller ses retrouvailles avec le maillot du Vasco (2-1).
« Une grande équipe se doit de réagir après une défaite. C’est indispensable, je l’ai appris aux cours de mon passage à Lyon », avait prévenu Juninho. Ce sera chose faite. En grande partie grâce au numéro 8. D’abord suite à un corner conclue en deux temps par Eder Luis (24e) puis sur un coup-franc repoussé difficilement par Muriel et converti par Dédé (83e). Ricardo Gomes pouvait souffler et féliciter Juninho lors d’une conférence de presse en guise d’hommage. « Je ne pensais pas que Juni serait capable de tenir 90 minutes. Il est incroyable. Je crois surtout qu’il recueille les fruits de son professionnalisme durant toutes ses années. Il le mérite, c’est un joueur et un homme exemplaire. Il peut d’ailleurs jouer encore 2 ou 3 ans. Avec lui, on peut se prendre à rêver. »
Déjà qualifier pour la Copa Libertadores suite à sa victoire lors de la Copa do Brasil, le Vasco (7e après la 9e journée) n’a désormais qu’un rêve : devenir champion ! Onze ans après le départ d’un certain Juninho Pernambucano…
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